Parasite : la Palme d’or du cœur

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Huis clos sur fond de lutte des classes ? Comédie grinçante ? Thriller ? Film d’horreur lorgnant vers le gore ? Parasite de Boon Jong-ho est un film fascinant et indéfinissable, devant lequel il est impossible de rester de marbre. Étrange mais pertinent, la dernière Palme d’or est un petit bijou unique, à voir absolument.

Une histoire ingénieuse, teintée de critique sociale
Une famille pauvre et au chômage, vivant dans les bas-fonds sordides d’une grande ville coréenne, utilise différents stratagèmes et mensonges pour faire expulser le personnel d’une famille riche, et ainsi prendre leur place. Ce jeu de dupes, qui devait les sauver de la misère, les plongera dans un véritable cauchemar, où les apparences sont parfois trompeuses…

  Le début du film tend vers la comédie. Bong Joon-ho filme les conditions de vie déplorables de l’ingénieuse famille en décidant d’en rire mais sans jamais s’en moquer. Les vingt premières minutes sont peut-être les moins trépidantes du film et on peine au début à s’immerger. Mais dès lors que le fils aîné arrive à s’immiscer dans la riche famille Park, Parasite démarre vraiment et on est happé dans un scénario brillant, inventif et complètement imprévisible. Le déroulement est intelligent, différentes pistes sont dissimulées çà et là durant le film, pour ne finalement aboutir qu’à d’autres événements inattendus, dans une suite pourtant cohérente. Le génie du film est d’alterner entre différents genres cinématographiques sans jamais perdre le spectateur. On passe d’une comédie grinçante teintée d’humour noire à un thriller au suspense implacable, sans jamais être déboussolée ou désorienté. Le film suit une sorte de logique imprévisible.

Revendications et prises de position
Au-delà du spectacle visuel qu’est Parasite, le réalisateur Bong Joon-ho (père du Snowpiercer et d’Okja qui avait suscité la polémique en 2017 à Cannes, pour avoir été le premier film visible uniquement sur Netflix) parsème son dernier long-métrage de différentes critiques. La dénonciation du système des classes sociales saute aux yeux : la famille pauvre trime pour s’en sortir, vit dans un taudis qui ne peut survivre aux éléments naturels dévastateurs. Le réalisateur avait révélé en interview qu’il avait pensé à intituler le film Parasite ? avec un point d’interrogation pour « deviner s’il y avait vraiment des parasites dans cette histoire ».

  Dénonçant aussi l’hypocrisie des hommes, l’arrogance et la naïveté, le réalisateur a eu l’intelligence de ne pourtant pas faire de ces critiques la matière première de son film, préférant laisser de subtils petits messages derrière un vrai divertissement accessible à tous.

De nombreux clins d’œil
Parasite possède cette petite caractéristique que j’affectionne particulièrement dans un film : un nombre incalculable de détails cachés, de symboles à double sens et de clins d’œil discrets. En scrutant l’écran, on peut apercevoir un DVD d’Hitchcock, apparaissant quelques secondes à l’écran, ou des références bibliques. Quant aux symboles, ils sont nombreux ! L’habitation de la famille est située tout en bas de la ville, comme en bas de l’échelle sociale ; l’eau, qui les protège des marginaux hostiles qui tentent d’approcher leur taudis, devient ensuite dévastatrice lors des inondations, et marque le début de la fin du rêve dorée que vivait la famille. La liste est encore longue mais je n’en dévoilerai pas plus, à vous de les trouver et de les noter en commentaires après avoir vu le film !

Une réalisation virtuose
Inutile d’être un grand cinéaste pour reconnaître l’immense talent de Bong Joon-ho et du photographe Hong Kyeong-pyo. Les scènes profitent d’une réalisation exceptionnelle et d’une image sublime. Le jeu de lumières lors de la partie plus horrifique du film contribue à créer une atmosphère glaçante tandis que la scène finale de l’anniversaire déborde de couleurs chatoyantes et de plans travaillés. Voir le film au cinéma apporte beaucoup (mention très bien à la scène de l’inondation, vertigineuse), il serait donc dommage de voir de si belles séquences sur un smartphone…

Le mot de la fin
Les Palmes d’or souffrent souvent de cette image attribuée au festival de Cannes, souvent jugée intellectuelle, trop sérieux et pédant. Alors quel plaisir de voir récompenser un film si juste et accessible à tous ! Parasite est un film, certes étrange, mais unique, avec énormément de charme. Efficace et intelligent, la dernière Palme d’or est un véritable chef d’œuvre, un drame horrifique qui ne laisse indifférent ni le public ni la critique, ce qui est une chose rare… Parasite semble avoir le potentiel pour devenir un film culte dans quelques années, si bien que les Etats-Unis semblent vouloir faire un remake…

Bong Joon-ho, réalisateur du film Parasite, recevant la Palme d’or, amplement méritée

2 COMMENTS

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